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Le jour où j'ai réalisé que mon association était devenue une école de danse

28/05/2026

Le jour où j'ai réalisé que mon association était devenue une école de danse

 

 

 

Ma femme et moi avons créé une association pour pouvoir organiser des soirées dansantes Rock et Swing. Là où ça n'existait pas.

Puis nous avons accepté de donner un cours hebdomadaire de Lindy Hop pendant un an, afin de se faire des amis.

Puis l'année suivante nous avons remis le couvert avec 4 cours (Rock et Lindy Hop), parce que la demande était croissante, et qu'on trouvait ça plutôt fun.

Puis nous nous sommes laissés convaincre de proposer de la Salsa, avec une autre professeure. Puis deux. Et ainsi de suite.

Et un jour, nous nous sommes dit :
Mais, sacrebleu, cette association, c'est une école de danse !!!

En général, on croit que pour réaliser quelque chose, on se fixe d'abord un objectif, puis on organise et planifie à rebours les causes de l'atteinte de cet objectif : objectif, étape n-1, étape n-2, étape n-3, jusqu'à maintenant, là où on est.
C'est la démarche dite causale, selon les spécialistes.

Crédit : fr.freepik.com
On ne peut pas se perdre, si on ne rate pas une marche

Cette façon de procéder consiste à franchir chaque étape en rassemblant pour chacune les moyens nécessaires. Comme dans un jeu vidéo, on gravit les niveaux jusqu'au dernier.

Mon histoire avec cette première école est différente.


Une construction progressive 


Nous avions des acquis en danses de couple swing, nous connaissions quelques personnes qui dansaient, et avions un peu d'expérience de formateur.ices.

Nous avons misé un peu d'argent que nous étions prêts à perdre pour créer l'association, louer une salle et payer la Sacem pour nos 3 premières soirées.
Puis l'année suivante pour louer une salle 1h pour un cours d'essai, puis 1h par semaine pendant 25 semaines.

Et nous avons fait avec ce que la vie nous a envoyé : des demandeurs de nouvelles disciplines, des propositions de rejoindre l'équipe pour enseigner, des "tuyaux" à propos de salles disponibles...

On avait voulu faire danser, et voilà qu'on recevait des tas de demandes pour apprendre.
C'était une surprise.
Et on a alors commencé, et continuer, à répondre de notre mieux à ces demandes.

Quelques années plus tard, j'ai découvert que cette façon de faire en entrepreneuriat portait un nom : l'effectuation. Ou démarche effectuale.

Elle consiste en premier lieu à faire (tout de suite) avec ce qu'on a.
Ensuite, à ne risquer que ce qu'on est prêt à accepter de perdre.
Et enfin, à faire avec la vie : composer avec les surprises, augmenter et/ou diversifier nos moyens pour continuer à faire avec ces nouvelles ressources...etc.

La trajectoire se construit d'exploration et de bifurcations

 

Crédit : openstreetmap 


Avec le recul, ça paraît tellement évident 


C'est exactement ainsi que nous avons procédé au lancement de l'association devenue une école de danse.

Nous sommes partis de :
- qui nous étions, des fans de danses swing avides de partager cette passion,
- quelques danseurs relais,
- et quelques centaines d'euros.

On n'a pas emprunté, ni investi ce qu'on n'aurait pas été prêts à perdre.
On a développé au fur et à mesure de nos moyens : équipe étoffée, extension spatiale (de 1 à 3 salles), multiplication des soirées, des évènements, des disciplines...

Nous avons utilisé les effets de nos actions comme de nouvelles ressources. C'est ça, le nerf de la *démarche effectuale*.


Puis il a fallu structurer 


Pour autant, il y a des phases où la démarche causale est nécessaire.
Lorsque l'objectif est clair, l'environnement stable et certain, les moyens rassemblables à coup sûr.

Quand on a opéré notre pivot de location horaire à un bail commercial, il n'était pas temps de tester. L'objectif en lui-même nous indiquait la voie à suivre. Là, il a fallu se concentrer, ne pas s'éparpiller, organiser chaque étape avec des moyens prévus et des deadlines.


Toutes les écoles n'ouvrent pas avec un business plan 


Avec le recul, j’ai l’impression qu’il ne s’agit pas de choisir une méthode contre une autre.

Certaines périodes demandent de partir de ce qui existe déjà.
D’autres demandent de fixer une direction plus précise.

La leçon, c'est peut-être que ça rappelle qu'il faut parfois accepter ce qui est, et faire avec, et parfois ne pas céder devant l'adversité.

Cette expérience de construction progressive vécue influence fortement ma façon de concevoir et distribuer easyDance Gestion.



PS : je sais, pour l'avoir vécu à deux reprises, que la première année est cruciale pour mettre en place de bonnes habitudes de gestion, malgré un terrain d'activité encore souvent instable. C'est pour ça que easyDance Gestion est offert aux écoles de danse pour leur première année d'activité.
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Bruno Besson

 

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